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La maladie d'Alzheimer


Qu'est-ce que la maladie d'Alzheimer ?

Comment dépister, soigner, vivre avec...

Quelles structures et quelles pistes de recherche ?

Réseau Alsace Gérontologie et maladie d'Alzheimer

Le Réseau Alsace Gérontologie est un réseau de santé, ayant pour double thématique la gérontologie et Alzheimer.

Il peut être interpelé pour des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de troubles apparentés sans limite d'âge.


A l'occasion de la journée mondiale Alzheimer du 21 septembre 2011, le Réseau Alsace Gérontologie a réalisé une interview du Dr Jean-Marc MICHEL, responsable du pôle de gérontologie clinique aux Hôpitaux Civils de Colmar (interview réalisée le 15 septembre 2011).


Qu'est-ce que la maladie d'Alzheimer ?

Comment dépister, soigner, vivre avec...

Quelles structures et quelles pistes de recherche ?


Autant de questions pour lesquelles vous trouverez des réponses ci-dessous.

Dr Jean-Marc MICHEL

Médecin gériatre

Responsable du pôle de gérontologie clinique

aux Hôpitaux Civils de Colmar

  

Maladie d'Alzheimer: historique, diagnostic, pistes de recherche...

Dr MICHEL, en quelques mots, qu'appelle-t-on la maladie d'Alzheimer ?

La maladie d’Alzheimer est une affection neurodégénérative qui engendre des troubles cognitifs, notamment de la mémoire, auxquels s’associent au décours de l’évolution des troubles du comportement et psycho-affectifs avec un retentissement sur la vie quotidienne des patients. Cette affection est associée à deux types de lésions: les plaques amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires, dont l’apparition précède de plusieurs années la clinique.

 

On entend souvent parler de maladies apparentées, de quoi s'agit-il ?

Ces maladies ressemblent par quelques aspects à la maladie d'Alzheimer, tout en ayant des caractéristiques propres dans le domaine clinique, neuropsychologique, de l'imagerie et de l'histologie.

Elles sont essentiellement représentées par les dégénérescences lobaires fronto-temporales, les démences vasculaires, la maladie avec corps de Lewy, les démences associées à la maladie de Parkinson, les atrophies lobaires focales comme l'aphasie primaire progressive. L'ensemble de ces maladies ont en commun l'altération des fonctions psycho-intellectuelles, mais il est important de les distinguer car les profils cliniques et évolutifs diffèrent, avec des spécificités dans la prise en charge, qu'elle soit médicamenteuse ou non.


Sait-on combien de personnes en sont atteintes ?

Environ 860.000 personnes sont affectées par une maladie d'Alzheimer ou une maladie apparentée en France. On estime que la prévalence de ces pathologies en Alsace serait de 18200 personnes de plus de 75 ans. Selon les sources INSEE, plus de 15000 personnes seront affectées par cette pathologie en 2020 dans le Haut-Rhin, tous âges confondus.

L'âge étant le principal facteur de risque et le vieillissement démographique s'accentuant, ces chiffres vont malheureusement s'accroître. La maladie d'Alzheimer est plus rare chez les sujets jeunes; il s'agit en général de formes familiales.


En terme de dépistage, de diagnostic, qu'existe-t-il ?

Le diagnostic de certitude en 2011 est histologique. De ce fait, celui-ci reste probabiliste du vivant de la personne. Le repérage et le diagnostic se basent la clinique, la neuropsychologie, l'imagerie cérébrale et la biologie, notamment l'étude des biomarqueurs dans le liquide céphalo-rachidien.

Dans le domaine de l'imagerie, l'IRM est bien plus performante que la scanographie. Il est fondamental de ne pas négliger les plaintes mnésiques des patients et de tenir compte des remarques de l'entourage familial.

Les bilans sont réalisés dans les centres mémoire ou par des neurologues en cabinet libéral. Les centres mémoire de ressource et de recherche constituent un lieu d'expertise pour les cas complexes.

Il est important d'établir un état des lieux précis dans le domaine cognitif, comportemental, de l'autonomie et du milieu environnemental (situation familiale voire socio-professionnelle, conditions de vie...) afin de mettre en place une prise en charge la plus adaptée possible tout en tenant compte de l'évolutivité de ces pathologies.


Par exemple, à Colmar, comment se faire dépister ?

Colmar dispose de plusieurs centres d'évaluation: services de gérontologie, de neurologie et de psychiatrie des Hôpitaux Civils de Colmar, service de gérontologie du Groupement Hospitalier du Centre Alsace, service de psycho-gériatrie du Centre Hospitalier de Rouffach (secteur IV). La prise en charge se fait dans le cadre de consultations ou en hôpital de jour.

Les Hôpitaux Civils de Colmar sont intégrés au Centre Mémoire de Recherche et de Ressource de la région Alsace. Le bilan peut être aussi effectué par certains neurologues libéraux. Enfin de nombreux médecins traitants sont susceptibles de réaliser des épreuves de repérage.


Des traitements existent-ils pour faire disparaître la maladie, bloquer son développement ou stopper son évolution ?

En 2011, il n'y a pas sur le marché pas de médicaments susceptibles de guérir la maladie. Nous disposons de molécules symptomatiques retardant la détérioration des fonctions cognitives. Ils ont un effet positif sur les troubles du comportement et les activités quotidiennes. Plusieurs molécules ciblées sur les mécanismes cellulaires conduisant à la production des lésions de la maladie d'Alzheimer sont en cours d'essai, mais ne seront pas commercialisées avant trois ou quatre années.

Les premiers essais cliniques avec le vaccin par immunisation contre le peptide amyloïde AB42 ont donné des résultats encourageants, mais au prix d'effets secondaires non négligeables.

Stopper l'évolution de la maladie constituerait une étape majeure. Cela se fera probablement à terme par la prise de plusieurs molécules qui auront des mécanismes différents pour bloquer, voire prévenir, les cascades pathologiques aboutissant à la survenue des lésions.


Comment vit-on, aujourd'hui, avec la maladie d'Alzheimer ?

La médiatisation (la maladie a été déclarée grande cause nationale en 2007), une meilleure connaissance de la pathologie et la commercialisation de médicaments pouvant avoir un bénéfice sur les troubles cognitifs et comportementaux ont modifié l'image de la maladie, devenue "moins incurable". L'annonce du diagnostic constitue un moment clé dans la trajectoire de vie du malade. En effet, c'est à partir de cette annonce et la manière dont elle a été réalisée que les conséquences de la maladie seront mieux comprises, que la prise en charge sera mieux acceptée par le malade et son entourage. Par la suite cette dernière devra être adaptée en fonction de l'évolution et des problématiques posées: troubles affectifs et du comportement, maladies associées, dépendance, contraintes architecturales, gestion des risques (conduite automobile, aspects financiers...).

Plusieurs dispositifs, certains étant encore au stade expérimental, existent pour permettre le maintien à domicile, optimiser le parcours de soins et améliorer l'accueil en établissement: accueil de jour, unité cognitivo-comportementale, unité d'hébergement renforcée, pôle d'activités et de soins adaptées, réseau, maison pour l'autonomie et l'intégration des malades Alzheimer, service de soins infirmiers à domicile-Alzheimer, hébergement temporaire, dispositif APA, formations des professionnels...

Le Réseau Alsace Gérontologie a ainsi pour vocation la coordination des interventions complexes à domicile.


Et du côté des aidants familiaux ? On parle souvent de l'épuisement de l'aidant...

La surmortalité des aidants est connue. Le développement des structures de répit, la consolidation des droits et de la formation des aidants, l'amélioration de leur suivi sanitaire sont des mesures phares du dernier plan Alzheimer. Le rôle de l'association France Alzheimer est majeur dans le soutien des familles.


Pour terminer, du côté de la recherche, où en est-on?

Les avancées de la recherche dans le domaine de l'imagerie, de la biologie et de la génétique ont permis un diagnostic de plus en plus précoce, au stade prédémentiel, même s'il reste probabiliste. Si le soutien me-social demeure essentiel, les progrès dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées viendront de la recherche fondamentale, clinique et thérapeutique. Celle-ci nécessite des moyens importants eu égard l'enjeu médical et économique.

En Alsace, une société a développé un test de diagnostic sanguin de la maladie d'Alzheimer qui devrait à terme être validé par des études cliniques. Il est permis d'espérer à moyen terme une percée dans le domaine thérapeutique, sachant que de nombreux essais médicamenteux sont en cours, les pistes à explorer étant nombreuses.

La recherche s'intéresse aussi à d'autres domaines: évaluation des thérapeutiques non médicamenteuses, traitement automatisé de l'image, génétique, épidémiologie...

Le plan Alzheimer 2008-2012 a mis en place une fondation de coopération avec pour objectif de faire collaborer soignants, chercheurs, personnes malades, familles, industriels, administrations, universités pour stimuler et coordonner la recherche scientifique.

  

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